Paroisse Saint Loup


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Vingt-troisième dimanche du Temps Ordinaire – Année B

Dimanche 9 septembre 2018 église Saint Jean-Baptiste de Vif

Tout ce qu’il fait est admirable

Des personnes conduisent à Jésus un homme sourd et muet. Il souffre de ne jamais parler avec les autres, de ne jamais les entendre, c’est comme s’il vivait dans la nuit, séparé de tous ! Lorsque Jésus lui ouvre les oreilles et lui délie la langue, il lui fait le plus beau des cadeaux. Cet homme peut enfin entendre et parler, il n’est plus coupé des autres. On peut facilement imaginer sa joie : il a dû crier, chanter la bonté de Dieu à tue-tête ! Ceux qui l’ont amené à Jésus sont si impressionnés par le miracle qu’ils ont vu sous leurs yeux qu’ils ne peuvent s’empêcher de le raconter partout.
Lors du sacrement du baptême, le célébrant peut choisir de procéder au rite de l’Effata, qui consiste à faire le signe de la croix sur les oreilles et sur les lèvres du baptisé. Par notre baptême, grâce à l’Esprit-Saint, nous entendons la parole de Dieu et nous la comprenons chaque jour davantage. Nous ouvrons notre âme à l’amour de Dieu qui grandit en nous. Alors ouvrons notre cœur à l’amour du Père, par Jésus, dans l’Esprit-Saint, et nous serons heureux pour l’éternité !
Comme l’annonce le Prophète Isaïe dans la première lecture, le temps est arrivé où s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds, le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie… Ces prodiges se réalisent de nos jours avec une profondeur plus grande que celle prévue par le Prophète : ils ont lieu dans l’âme de celui qui est docile au Saint-Esprit. Demandons la foi et l’audace pour annoncer avec clarté et simplicité les magnalia Dei, les merveilles de Dieu que nous connaissons, comme le firent les Apôtres après la Pentecôte. Saint Augustin écrit : « si vous aimez Dieu, attirez pour qu’ils l’aiment tous ceux qui sont près de vous et tous ceux qui vivent chez vous. Si vous aimez le Corps du Christ, qu’est l’unité de l’Église, incitez tout le monde à jouir de Dieu et dites-leur avec David : Exaltez avec moi le Seigneur et louons tous ensemble son saint nom (Proverbes XXI, 28) ; et en cela ne soyez pas timides ni pusillanimes, mais gagnez pour Dieu autant de personnes que vous pourrez avec tous les moyens possibles, selon votre capacité, en les exhortant, en les supportant, en les priant, en discutant avec eux et en leur donnant la raison des choses qui appartiennent à la foi en toute mansuétude et douceur. » Ne restons pas muets : certainement Dieu veut parler aux autres à travers nos paroles.
Saint Marc a conservé le mot araméen que Jésus utilisa, effata, « ouvre-toi » ! Le Saint-Esprit souffle souvent, dans l’intimité de l’âme, ce conseil impératif. La bouche s’ouvre et la langue se délie aussi pour parler avec clarté de l’état de son âme dans la direction spirituelle, en étant sincères, en disant avec simplicité ce qui nous arrive, désirs de sainteté et tentations, petites victoires et défaites. Libérons nos oreilles pour écouter attentivement les enseignements et les suggestions que le Maître fait parvenir à travers la direction spirituelle.
Avec la sincérité et la docilité la bataille est toujours gagnée, aussi difficile soit-elle. Avec la duplicité et l’orgueil… elle est toujours perdue. C’est le Seigneur qui guérit et il utilise les moyens qu’il veut, toujours disproportionnés. Saint Vincent Ferrier affirmait que Dieu « ne concède pas sa grâce à celui qui, ayant à sa disposition une personne capable de le diriger, méprise ce moyen efficace de sanctification, en croyant qu’il se suffit à lui-même, qu’il peut par ses seules forces chercher et trouver le nécessaire pour son salut… Celui qui aura un directeur et lui obéira en toutes les choses arrivera au but plus facilement que s’il était seul, même s’il possède une intelligence très pénétrante et de très sages livres spirituels… »
La Sainte Vierge est le modèle pour écouter d’une oreille attentive ce que Dieu demande et pour le mettre en pratique avec une disponibilité totale : « A l’Annonciation, Marie s’est complètement abandonnée en Dieu, en manifestant ‘l’obéissance de la foi’ à celui qui lui parlait à travers son messager et en apportant ‘la soumission complète de son intelligence et de sa volonté’ (Constitution Dei Verbum, 5). » Nous voulons avoir recours à elle et nous lui demandons de nous apprendre à écouter attentivement tout ce qu’on nous dit de la part de Dieu, et surtout à le mettre en pratique.

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Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Livre du prophète Isaïe XXXV, 4-7a ; Psaume CXLV (CXLVI) ;
Lettre de saint Jacques II, 1-5 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc VII, 31-37.