Paroisse Saint Loup


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Fête du Baptême du Seigneur – Année C

12 et 13 janvier 2019 église Saint François de Sales, les Saillants et église Saint Jean-Baptiste, Vif

Fils bien-aimé

A l’époque de Jésus, de nombreuses personnes venaient écouter les enseignements de Jean le Baptiste. Jésus vint aussi et Jean le baptisa dans le Jourdain. Le ciel s’ouvrit alors et l’Esprit-Saint descendit sur Jésus sous la forme d’une colombe. Du ciel, une voix se fit entendre : « C’est toi mon Fils : moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » C’est une annonce extraordinaire : Jésus, un homme qui ressemble à n’importe quel homme, est le Fils de Dieu ! Le jour de notre baptême, par l’intermédiaire du prêtre, c’est le Christ lui-même qui nous baptise dans l’Esprit-Saint et fait de nous des enfants de Dieu et de l’Eglise. Par le baptême, nous sommes devenus enfants de la lumière de Dieu. Que le Seigneur nous bénisse et nous garde. Qu’il fasse toujours briller son visage sur nos familles et sur chacun d’entre nous ; qu’Il nous donne la Paix et la Joie !
C’est saint Paul qui fait le lien entre le Baptême de Jésus et le nôtre. Dans le passage de l’Epître à Tite que nous entendons ce dimanche, il déclare : « Lorsque Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et son amour pour les hommes, il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit-Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle. » Bien sûr, dans ce texte, le « bain du baptême » dont il s’agit, c’est avant tout celui que nous avons reçu, mais le sacrement dont nous bénéficions est comme enveloppé dans la manifestation (l’épiphanie !) de la bonté et de l’amour du Père. Et où s’est-elle particulièrement manifestée, sinon dans le Baptême au Jourdain, lorsqu’en réponse au geste d’abaissement de Jésus qui prend sur lui les péchés des hommes, il l’a reconnu comme son Fils bien-aimé ? C’est là que l’Esprit-Saint s’est déchaîné, le couvrant de la gloire du Père.
Bien sûr, Jésus n’avait pas besoin de rachat, puisqu’il était lui-même sans tache, mais ce qui se passe dans le Baptême, c’est qu’au lieu de se mettre au-dessus du commun des hommes « qui sont rapaces, injustes et adultères » (Luc XVIII, 11), lui a plongé dans les eaux limoneuses du Jourdain, il a pris la position du pécheur repentant qui s’humilie devant Dieu. Ce que nous avons du mal à faire, ce que nous ne parvenons jamais à faire complètement et en vérité, il l’a fait lui, parfaitement, et jusque sur la croix (dont le baptême n’était que la figure annonciatrice) et c’est ainsi que la faveur du Père l’a enveloppé alors totalement (dans la Résurrection). Et nous, nous en bénéficions à travers lui, et c’est cela le sacrement. Non une autre histoire qui succéderait à celle de Jésus, mais notre entrée concrète dans l’aventure du Fils incarné.
Le Baptême se tient à égale distance des deux mystères essentiels de la vie du Christ : l’Incarnation et la Rédemption. De l’un, il tire la possibilité qu’a Jésus d’agir en notre lieu et place, puisqu’il est désormais totalement de notre côté. De l’autre il prend sa finalité : la plongée dans le Jourdain n’est pas seulement un épisode isolé de la vie du Seigneur, mais une vivante prophétie de ce que sera l’abaissement ultime du Serviteur. Jésus n’est pas venu sur terre pour autre chose, tout nous le montre déjà dans son enfance, cette enfance que nous allons continuer d’évoquer jusqu’à la Fête de sa Présentation au Temple. Celle-ci, qui marque la fin de la période où la crèche nous est proposée, nous plonge déjà dans l’ambiance sacrificielle, où la vie s’achète par la mort. Ce que l’enfant de Bethléem a vécu passivement ce jour-là, il le vivra bientôt dans sa chair et dans son cœur jusqu’au grand cri poussé sur la Croix !
Mon Dieu, toi qui nous donnes d’être comme Toi, par l’amour créateur que tu déverses en nous, fais que nous soyons dignes de notre nouvelle nature.
Toi qui, en ton Fils Jésus-Christ, as accepté de descendre au plus pauvre de notre humanité, fais que nous acceptions d’être là où tu nous donnes d’être, que ce soit chez les rois ou chez les esclaves, comprenant que toute l’humanité vit et demeure en Toi.
Toi qui chaque jour nous donnes de renaître en nous rachetant et en nous recréant pour peu que nous nous abandonnions à toi, fais que nous ne cherchions qu’en toi notre avenir et notre vie, et aide-nous à abandonner sans regret le vieil homme qui pleure en nous.
Mon Dieu, toi qui nous dis chaque matin qui nous sommes, fais-nous comprendre que nous ne sommes que tes enfants parce que toi, dans ton amour immense, tu as voulu être le Père aimant de toutes tes créatures, sans en oublier aucune.

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques : Livre d’Isaïe XL, 1-5. 9-11 Psaume CIII (CIV) Lettre de saint Paul Apôtre à Tite II, 11-14… III, 4-7 Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc III, 15-16. 21-22