Paroisse Saint Loup


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Deuxième dimanche de Carême – Année C

dimanche 17 mars église Saint Jean-Baptiste, Vif

Vers un corps de gloire

« Le Seigneur Jésus-Christ transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux » écrit saint Paul aux Philippiens, alors que l’Évangile de ce deuxième dimanche de carême nous donne à contempler, avec Pierre, Jacques et Jean, le Corps transfiguré du Christ : « Ils virent la gloire de Jésus ». La résurrection, celle du Christ comme la nôtre, s’accomplit dans le corps. L’épisode de la Transfiguration le révèle déjà pour le Christ. La résurrection de la chair dépasse notre compréhension, comme l’événement de la Transfiguration dépassait celle du pauvre Pierre prêt à dresser ses trois tentes pour Jésus, Moïse et Elie. Aussi saint Paul emploie-t-il une image et parle-t-il, dans la première lettre aux Corinthiens, d’un corps spirituel, qui est comme la plante qui pousse à partir de la graine qu’est notre corps périssable. C’est bien le même corps, mais il est pourtant différent.
Saint Paul met donc en garde les Philippiens contre ceux qui ont le ventre pour dieu et qui ne tendent que vers les choses de la terre. Il amène ainsi à respecter son propre corps sans toutefois l’idolâtrer, à en prendre soin à la hauteur de ce qu’il représente.
Prendre soin de son corps, c’est agir avec mesure, avec tempérance, avec cette modération qui amène à ne pas céder à ses caprices. Nous ne sommes pas les esclaves de nos corps. Le temps du carême est un moment favorable pour grandir dans la vertu de tempérance, et les privations que nous pouvons nous imposer dans le domaine de la nourriture, de l’alcool ou du tabac – et la cigarette électronique n’est pas une cigarette de carême ! – nous amènent à maîtriser nos désirs tout en respectant nos besoins véritables, sans toutefois nuire à notre santé.
Les domaines les plus flagrants où le corps n’est pas respecté sont aujourd’hui ceux de la sexualité et de la sensualité. Il n’est pas rare de voir des publicités « utiliser » des corps, avec ce qu’ils peuvent évoquer de sensuel ou de sexuel, pour faire vendre toutes sortes de produits, y compris des pots de yaourt ou du jus d’orange !!! La sexualité, si importante, lieu de l’union intime des époux – union des personnes davantage encore qu’union des corps – est alors réduite à l’état de convoitise. Le corps est réduit aux choses de la terre, lui qui est pourtant le temple de l’Esprit-Saint, appelé à ressusciter.
Respecter son propre corps et celui de son prochain signifie alors agir avec pudeur et chasteté, pudeur dans la manière de se tenir, dans la manière de se vêtir, dans la manière de s’exprimer, chasteté dans les regards et dans les pensées.
Alors que beaucoup vivent en ennemis de la croix du Christ et vont à leur perte car ils ne tendent que vers les choses de la terre, saint Paul rappelle aux Philippiens qu’ils sont, et lui avec eux, citoyens des cieux. En contemplant Jésus transfiguré dans son corps, nous découvrons combien notre corps est un don de Dieu que nous avons à respecter et dont nous avons à prendre soin dans l’attente de ce jour où nos pauvres corps seront transformés à l’image du corps glorieux du Christ ressuscité.

Que la célébration de l’Eucharistie soit notre participation à la Transfiguration du Christ. Invités à écouter sa Parole, le Christ nous donne un avant-goût de la communion éternelle en Lui. Confortés, nous pouvons alors traverser les épreuves avec Lui.

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques : Genèse XV, 5-12. 17-18 Psaume XXVI (XXVII) Epître de saint Paul Apôtre aux Philippiens III, 17 – IV, 1 Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc IX, 28b-36