Paroisse Saint Loup


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Dimanche de Pentecôte 2019 – Année C

Dimanche 9 juin 2019 église Saint-Pierre, Varces

« Avec le Christ et dans l’Esprit, appelons Dieu : Abba, papa ! »

« Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour… » (Ephésiens III, 17). Paul dit que « là où est l’Esprit, là est la liberté. » Cette liberté ne consiste pas à faire ce que l’on veut. C’est une énergie divine pour accomplir ce pour quoi nous sommes faits, une force d’achèvement, une force de sanctification. Cette force nous est donnée par « l’Esprit qui achève dans le monde la sanctification » gagnée par Jésus. L’Esprit intériorise le Christ dans les âmes qui Le désirent. Il construit en l’homme un autre homme, un « homme intérieur ».
L’événement de la Pentecôte accomplit et dépasse l’expérience du Sinaï. Même date, même tornade, même feu pour ce baptême qui anticipe, dans l’Esprit-Saint, la loi nouvelle, le rassemblement universel.
Avec le Psaume 103, nous comprenons que, comme à la Pentecôte, les hommes peuvent se rejoindre pour connaître Dieu et le louer à travers sa Création et sa Providence. « Être content du Seigneur », c’est être réceptif à l’Esprit créateur.
Au chapitre 8 de l’Épitre aux Romains, Paul explique comment appartenir au Christ en vivant « sous l’emprise de l’Esprit ». Tout chrétien, fils de Dieu par la grâce du baptême, doit se mettre à l’école de l’Esprit-Saint ; il nous apprend à dire Abba-Père, comme Jésus.
Dans le passage d’Évangile de ce jour, nous entendons deux des cinq promesses johanniques de l’Esprit-Saint faites par Jésus après la Cène. L’Esprit y est appelé « Paraclet », le Consolateur. Jésus y annonce le rôle doctrinal de l’Esprit de vérité : il fait entrer dans le mystère du Fils incarné et glorifié.
Avec la Pentecôte commence le mystère de l’Église qui rend présente la fidélité de Dieu à son peuple, à travers une alliance nouvelle et éternelle. L’Église était déjà là à la crèche, lorsque le Racheteur est face à la première des rachetés, Marie. L’Église est aussi manifestée à la croix, lorsque la lance transperce le Cœur de Jésus, faisant couler sang et eau, symboles du baptême et de l’eucharistie qui constituent et nourrissent l’Église. A la Pentecôte, c’est le cœur de l’Église qui est dévoilé.
Par le vent et les langues de feu, le rôle et la nature de l’Esprit sont manifestés aux hommes. L’Esprit, souffle vital et créateur du Seigneur, est envoyé pour planer sur le Sacrement de salut de l’humanité qu’est L’Église et lui assurer son existence divine, sa mission d’apporter la vérité et l’amour de Dieu aux nations. L’Esprit de Dieu planait sur les eaux à la Création du monde, l’Esprit plane sur l’Église par laquelle se développera la re-création de l’humanité : « Envoie ton Esprit, Seigneur, pour une nouvelle création, et tu renouvelleras la face de la terre » chante l’alléluia.
« L’Esprit du Seigneur remplit l’univers… » chante l’introït car toutes les réalités créées sont atteintes par la régénération de ce Souffle, à moins, bien sûr, de le refuser. Tel l’oxygène, l’Esprit est donné au monde comme milieu vital dans lequel les créatures de Dieu respirent le bon air divin et se transforment pour « être rendues participantes de la nature divine », selon l’expression de Pierre. L’Esprit n’oublie personne.
L’Esprit, diffusé dans le cœur des hommes au baptême, les conforme personnellement à l’unique Seigneur. L’Esprit fait ainsi l’unité de tous les frères en Jésus. C’est pourquoi les participants à l’événement de Pentecôte se rassemblent en une seule foule et comprennent les apôtres dans leur langue propre. Cependant, l’Esprit donne à chacun de faire partie du corps comme membre spécifique, avec sa vocation particulière, ainsi que le symbolise la présence de personnes venant de « toutes les nations qui existent sous le ciel », figurant ainsi la plénitude de l’Esprit qui se dilate suivant la loi d’expansion des gaz.
La diffusion de l’amour divin se fait par la proclamation des merveilles de Dieu. Proclamation par la parole et par les actes de chacun qui manifestent ainsi aux frères la réalité du pardon paternel de Dieu. Il s’agit pour chaque croyant d’exprimer en sa vie qu’il n’est plus sous l’emprise de la chair mais sous celle de l’Esprit qui est vie et nous fait devenir des justes, à l’image du Christ. Etre juste, c’est être ajusté à sa vocation d’enfant de Dieu appelé à aimer son Père jusqu’à l’interpeller, comme Jésus et en Lui : Abba, papa !

Père Thibault NICOLET


Références des textes liturgiques :
Actes des Apôtres II, 1-11 ; Psaume CIII (CIV) ;
Épître de saint Paul Apôtre aux Romains VIII, 8-17
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean XIV, 15-16. 23b-26