Paroisse Saint Loup


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Solennité de l’Ascension, année C

Jeudi 30 mai 2019 à Vif

Reconnaître et désirer la présence du Chrst, le servir, être ses témoins...

Il est exceptionnel que la liturgie nous propose deux lectures relatant un même épisode de la vie de Jésus ! La première lecture d’aujourd’hui, le début des actes des apôtres, relate l’ascension de Jésus, tout comme l’évangile qui est la fin de l’Évangile selon Saint Luc.
Deux récits de l’ascension, écrits par le même auteur, et qui pourtant ne concordent pas, en particulier au niveau de la chronologie ! Dans l’Évangile, l ‘ascension a lieu le soir même de la résurrection, alors que dans les actes des apôtres elle a lieu quarante jours plus tard – quarante jours à haute valeur symbolique, qui font écho aux quarante jours passés dans le désert par Jésus. Et c’est bien cette durée qui a été retenue par la liturgie, en fixant la fête de l’Ascension quarante jours après Pâques.
On peut s’interroger longuement sur cette discordance, formuler des hypothèses, remarquer qu’après tout, Luc seul relate cet événement... Mais on peut aussi essayer de discerner ce que l’auteur veut vraiment nous dire !
Les textes du nouveau testament, et en particulier les évangiles sont formels : Jésus a bien connu une résurrection corporelle. Il est vraiment ressuscité, comme on le dit avec insistance lors de la vigile pascale ! Les apparitions aux disciples sont une vraie présence : Jésus a mangé avec ses disciples, il a invité Thomas à mettre son doigt dans ses plaies... Jésus a sans doute donné encore quelques derniers enseignements à ses disciples, pour leur donner quelques clefs de lecture des événements qui se sont produits...
Mais au final, il faut bien qu’un jour ou l’autre, Jésus cesse de se rendre présent physiquement à ses disciples ! Avec l’ascension, une époque se termine. Un temps d’attente commence, une attente confiante, et qui sera assez brève, l’attente de l’Esprit Saint qui viendra au jour de la Pentecôte.
La présence physique de Jésus auprès des disciples avait des limites : elle était nécessaire pour faire grandir leur foi et faire d’eux des témoins de la résurrection, mais elle maintenait les disciples réunis dans l’attente de la prochaine rencontre avec Jésus. Avec l’ascension, une nouvelle époque commence, celle de l’envoi : «  Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » – comme il est écrit dans la première lecture.
On retrouve cet envoi à la fin de deux autres évangiles : celui de Matthieu « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples... », et celui de Marc : «  Allez par le monde entier, proclamez l’Évangile à toutes les créatures »...
La résurrection de Jésus ne se manifeste plus dans une présence physique à quelques uns, elle se manifeste par le témoignage des apôtres qui se transmettra à travers les siècles jusqu’à nous !
Mais Jésus reste présent à ses disciples, et maintenant à nous, de bien des manières !
Il est présent à travers la parole de Dieu que nous venons d’écouter...
Il est présent là où deux ou trois sont unis en son nom – ce qui devrait être le cas ici-même en ce moment !
Il est présent à travers l’eucharistie que nous célébrerons tout à l’heure, mais aussi en toute église où il reste présent dans le tabernacle, comme en témoigne la petite veilleuse rouge...
Il est présent en chaque frère qu’il nous appelle à aimer concrètement !
Alors, à nous de savoir désirer sa présence, et de le reconnaître, et le servir chaque fois qu’il vient à notre rencontre. Et à nous aussi d’être maintenant ses témoins !
Amen

Gilles Berger Sabbatel


Références des textes liturgiques :
Actes 1, 1-11 ;
Psaume 46(47) ;
Hébreux 9, 24-28 ; 10,19-23
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24, 46-53