Paroisse Saint Loup


Sommaire > Vie de la paroisse > Homélies > Vingt-deuxième dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Vingt-deuxième dimanche du Temps Ordinaire – Année C

samedi 31 août église Sainte-Marie du Genevrey et dimanche 01 septembre église Saint Jean-Baptiste de Vif

Jésus nous enseigne que l’humilité est le fondement indispensable de notre vie chrétienne

« Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. » Jésus, qui s’est abaissé dans sa Passion et sa mort sur la croix, fut pleinement élevé dans sa résurrection ; pour entrer dans le Royaume de Jésus, il nous faut reproduire en nous ce double mouvement de la vie du Christ. Saint Luc est l’évangéliste de la Miséricorde et de la radicalité. Pour suivre Jésus, le disciple n’a d’autre choix que d’emprunter le chemin de la croix.
La première lecture nous prépare à la leçon d’humilité de Jésus dans l’évangile. « Plus tu es grand, plus il te faut t’abaisser » : telle est la leçon de modestie du sage Ben Sirac.
« Dieu élève les humbles » chante le refrain du psaume responsorial. En effet, il faut être humble pour pouvoir exulter de reconnaissance et d’action de grâces envers Dieu qui conduit son peuple en se faisant proche de lui.
Dieu n’a pas renouvelé pour nous les miracles de l’Exode. Il fait bien mieux : il nous introduit dans la Cité sainte, près du Christ, avec les saints et les anges. Tel est l’enseignement de l’auteur de l’épître aux Hébreux.
Et voilà que nous surprenons le Christ à table, lui qui a si souvent comparé le Royaume des cieux à un banquet ! Pour avoir une place au festin du Royaume, il faut se faire tout petit : « Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé. » Rien de banal dans les propos de table de Jésus, rien de moins que l’exigence évangélique de la kénose du serviteur.
Oui mais voilà : l’humilité nous est aussi insupportable qu’elle nous est nécessaire…
En effet, la recherche fiévreuse de places, de privilèges, d’honneur, d’avancement, de distinctions, de grades ou de titres qui, trop souvent nous préoccupe, n’est-elle pas la manifestation de l’orgueil qui nous habite ?
Depuis le premier péché – qui fut un péché d’orgueil – l’homme a toujours aspiré à se faire l’égal de Dieu ; le mal fondamental qui nous ronge, c’est l’orgueil.
Et il fallait bien que ce mal fût redoutable pour que Dieu, voulant le guérir, ait employé le remède stupéfiant de l’Incarnation. C’est par orgueil que l’homme cherche à se faire Dieu alors que c’est par humilité que Dieu s’est fait homme afin de guérir celui-ci ! Dans le Mystère de l’Incarnation, Dieu a pris sur lui le néant de l’homme et il a encore voulu, ayant pris part à ce banquet de la vie humaine auquel il s’est invité, se mettre au rang du serviteur et de l’esclave : « Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir ».
Au soir du Jeudi Saint, il prend la place du serviteur : « Qui est le plus grand, interroge-t-il, celui qui est à table ou bien celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et bien, moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. »
Et après qu’il a lavé les pieds de ses apôtres, Jésus conclut : « Vous m’appelez Maître et Seigneur et vous avez raison car je le suis. Mais je vous ai donné l’exemple pour que vous agissiez comme j’ai agi envers vous. »
Et le lendemain, le Vendredi Saint, Jésus accepta d’être placé au rang des criminels car, au regard de la foule, il mourut comme un coupable. Au Golgotha, la plupart des spectateurs pensèrent que sur ces trois croix étaient attachés trois bandits.
N’y a-t-il pas dans cet exemple de Jésus de quoi faire fléchir notre orgueil ? Pouvons-nous estimer trop humiliant de suivre l’exemple du Christ ? « Lorsqu’on t’invite à des noces, va te mettre à la dernière place… »
Au reste, n’avons-nous pas toutes les raisons d’être vraiment humbles ou de le devenir ? Sans doute n’avons-nous pas sur la conscience tous les péchés qui se puissent commettre, mais nous sentons bien que nous portons en nous toutes les tendances, toutes les faiblesses et toutes les virtualités du mal. Tout être humain, en raison du mauvais usage qu’il peut faire de sa liberté, est un allié potentiel du mal. En théologie, cela s’appelle la concupiscence. Et nous devons bien reconnaître que le bien qui est en nous est un don de Dieu. « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » s’exclamait saint Paul.
Demandons au Seigneur de nous faire comprendre son exemple et de nous entraîner à sa suite. Mettons-nous à l’école de Jésus doux et humble de cœur ! Amen.

Père Thibault NICOLET


Références des textes liturgiques :
Livre de Ben Sirac le Sage III, 17-18.20.28-29 ; Psaume LXVII (LXVIII) ;
Épître aux Hébreux XII, 18-19.22-24a ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc XIV, 1a.7-14.