Paroisse Saint Loup


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Vingt-neuvième dimanche du Temps Ordinaire – Année C

samedi 19 octobre 2019 église Sainte-Marie du Genevrey de Vif et dimanche 20 église Saint Jean-Baptiste de Vif

La Parole nous enseigne le combat spirituel pour laisser Dieu gagner en nous !

En lisant ou en écoutant les textes de ce dimanche, on ne saurait faire l’impasse de s’interroger sur la nécessité de la prière. Tout d’abord parce que la fin de l’année liturgique pointe son nez : prenons conscience qu’au ciel nous passerons notre « temps » à prier en adorant, en louant et en intercédant devant notre Créateur ! Dans l’attente de cette prière, l’Église nous invite aujourd’hui à mener le combat spirituel contre l’ennemi et pour la justice ! Moïse, en plein combat contre les Amalécites, intercède en levant les bras vers Dieu ; il prie pour la victoire du peuple. Une veuve crie justice devant un juge inique et obtient la faveur attendue par l’insistance de sa demande. Ici-bas nous aurons toujours à nous battre contre le mal et contre le péché et nous aurons sans cesse à chercher ce qui est juste et bon pour nous-mêmes et pour notre monde, contre les malhonnêtes. Alors prions sans cesse sans nous décourager car Jésus est avec nous dans ce combat, la prière étant l’arme principale et redoutable qu’il nous a laissée sur cette terre…
L’intercession de Moïse sur la montagne, les mains levées, obtient la victoire au peuple d’Israël. Cet épisode biblique symbolise désormais la prière insistante et incessante. Et cette prière peut aller jusqu’à l’oraison d’abandon, qui fut celle de Notre-Seigneur à Gethsémani : « Non pas ma volonté mais la Tienne, ô Père  » (Luc XXII, 42). Et par la prière de la collecte, nous demandons ce dimanche à Dieu de nous donner la grâce de vouloir ce qu’il veut. Cela résume bien la vie chrétienne comme nous pouvons le voir chez tant d’amis du Seigneur, comme par exemple sainte Thérèse de Lisieux ou encore le Père Kolbe avec son v=V, ce qui signifie désirer que notre volonté propre soit la Sienne. Et que Dieu veut-il de nous ? Et bien la liturgie de ce jour nous révèle que c’est avant tout notre prière !
Et avec le psaume de ce dimanche, nous rejoignons vraiment l’esprit de Moïse qui a su lever les yeux vers la montagne d’où vient le secours. Soyons sûrs de la protection du Seigneur qui a fait le ciel et la terre ; c’est bien lui qui garde notre route, du départ à l’arrivée.
Saint Paul, quant à lui, recommande à Timothée de demeurer un homme de la Bible : il l’exhorte à nourrir sa foi par la lecture des Ecritures « inspirées par Dieu » et à proclamer sans se lasser la Parole de Dieu.
Et dans la page d’évangile de ce dimanche, la parabole du juge qui se fait prier longtemps et de la veuve qui ne se lasse pas enseigne qu’il faut toujours prier sans se décourager. La crise de la prière entraîne la crise de la foi.
Mais la liturgie de ce jour nous fait surtout réfléchir sur le dialogue que Dieu désire entretenir avec l’homme, son enfant, lequel est invité à y entrer « sans se décourager ». La parabole de Jésus nous invite à persister dans les demandes que nous faisons à notre Père avec ténacité, mais d’abord avec foi : « Le Fils de l’homme, quand Il viendra, trouvera-t-Il encore la foi sur la terre ? »
Jésus ne nous invite donc pas à nous situer face à notre Père comme des êtres ingrats, mais comme des personnes ayant confiance en lui. Se situer dans la confiance, c’est avoir foi en Dieu qui se révèle en nous indiquant un chemin pour le rejoindre. Notre prière sera exaucée lorsqu’elle sera réponse à sa Parole, c’est-à-dire lorsqu’elle exprimera notre demande d’une réalité proposée par cette Parole pour entrer en communion avec Lui, par exemple telle ou telle vertu. C’est pourquoi Jean écrit : « Il nous écoute quand nous faisons une demande conforme à sa volonté » (1 Jean V, 14).
La deuxième lecture nous invite aussi à redonner à la Parole toute sa place et à la voir dans son mystère quasi sacramentel ; la Parole cache en même temps qu’elle dévoile, elle donne Dieu dans l’expression la plus radicale de sa gratuité, à savoir l’Esprit-Saint qui est don. Rappelons que la Parole est fruit de l’Esprit-Saint puisqu’elle est « inspirée par Dieu ». Ainsi la Parole est-elle pleine d’ « Esprit qui est la vérité » (1 Jean V, 6). C’est pourquoi « la Parole est vérité » comme le dit Jésus (Jean XVII, 17). C’est donc par elle que l’Esprit nous parle, nous éclaire et nous console. Elle est donc « capable de communiquer la sagesse ». C’est par elle que nous pouvons « enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice »… A commencer par nous-mêmes !
Car nous ne devons pas oublier que le perpétuel combat spirituel est celui que nous avons à livrer contre nos « Amalécites » intérieurs, ce sont tous ces mauvais esprits inspirés par le diviseur, qui tentent à chaque instant de s’incarner en nous pour créer la division : division du corps contre l’esprit, division de l’esprit contre le cœur, division de nous-mêmes contre le prochain, division de l’homme contre la Création et contre son Créateur…
Contre ces esprits mauvais, nous devons nous battre de toutes nos forces en empruntant les armes appropriées. Mais nous savons également que Dieu seul peut donner la victoire finale contre le mauvais. C’est lui qui a vaincu définitivement le menteur en le clouant au bois de la Croix. Comme l’écrit Blaise PASCAL, « nous sommes chargés de nous battre pour la vérité mais la victoire dépend de Dieu. » Cette vérité, c’est la vérité intérieure de mon être, c’est la cohérence de ma personne avec sa vocation de fils et fille de Dieu.

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Livre de l’Exode XVII, 8-13 ; Psaume CXX (CXXI) ;
Deuxième Épitre de Saint Paul Apôtre à Timothée III, 14 – IV, 2 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc XVIII, 1-8.