Paroisse Saint Loup


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Trente-deuxième dimanche du Temps Ordinaire – Année C

dimanche 10 novembre 2019 église Saint-Pierre de Varces

Joyeuse espérance

Il semble que le peuple de Dieu ait ignoré la résurrection des morts jusqu’à la persécution des Maccabées (170-130 av. J-C.). « Le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle » : c’est la foi de ces sept enfants, martyrisés en présence de leur admirable mère.
Pour soutenir notre foi, nous avons besoin de nous appuyer sur les témoins que sont les martyrs et les psalmistes. Le juste du psaume 16, encerclé par le mal, refuse de trahir ; il se réfugie sous les ailes de Dieu, sûr d’être rassasié de son visage, à son réveil (de la mort).
En évoquant la réalité des persécutions actuelles à l’encontre des chrétiens, on peut méditer sur la force que le Seigneur donne, jusqu’au cœur de la persécution, notamment à partir de la première lecture. Notre-Seigneur n’abandonne jamais ceux qui se confient en lui et doivent livrer le témoignage suprême du martyre. Il est véritablement leur force, leur courage et leur soutien jusqu’à l’ultime.
Les lettres de saint Paul abondent en actes d’espérance. Sa prière dynamique est missionnaire : « Que la Parole de Dieu poursuive sa course », malgré les obstacles.
Le Dieu des patriarches est le Dieu des vivants. Rien ne saurait détruire ce lien d’amour entre lui et nous. « Comment cela se fera-t-il ? » Jésus répondra par sa Résurrection.
En ce jour, l’Église nous invite à cette « joyeuse espérance » dont parle saint Paul : le Christ est ressuscité, et nous sommes tous appelés à ressusciter ! La foi en la résurrection est le centre de notre foi, sa vérité la plus haute, sa clé de voûte. Sans elle, tout s’écroule. Je vous livre ici deux vérités relatives à la résurrection.
Primo : nous sommes appelés à ressusciter. Le Christ nous entraîne à sa suite. Il nous donne la vie éternelle. Nous sommes appelés à recevoir toute cette vie qui vient de Dieu, qui jaillit de son être. C’est la source d’une espérance extraordinaire ! S’il n’y a pas la résurrection, notre vie ressemble à un long tunnel, au bout duquel il n’y a pas de sortie, mais un mur : c’est une impasse. L’homme bute sur la mort.
Or, ce que l’Écriture nous dit, c’est que Dieu possède en lui une puissance de vie infiniment plus forte que la mort. Le Seigneur est le Dieu des vivants ! Par son Fils Jésus ressuscité, Il pulvérise le mur qui bouche le tunnel. Comme un bateau brise-glace qui fend la banquise, le Seigneur brise les eaux glacées de la mort, et rien ne peut l’arrêter, pas même les ténèbres de la persécution. Voyez les sept frères de la première lecture. C’est au cœur de la persécution, malgré les souffrances qu’on leur inflige, qu’ils clament d’autant plus fortement leur foi en la résurrection : le roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle. C’est aussi ce que dit le Christ aux Sadducéens : le Seigneur n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. En Jésus, la vie de dieu s’est manifestée en plénitude.
Secundo : nous croyons en la résurrection de la chair. Pas seulement à l’immortalité de l’âme, mais à la résurrection de la chair, de nos mains, de nos pieds, de notre visage. C’est bien ce que nous proclamons dimanche après dimanche dans le Credo. C’est déjà ce que proclame l’un des sept frères en espérant retrouver ses membres au ciel ! La résurrection n’est pas une désincarnation ni une survie de l’âme privée du corps. Bien au contraire, nous croyons à la résurrection de la chair : l’âme sera alors à nouveau unie au corps, dans l’intégrité de la personne humaine, avec un corps glorifié. L’erreur des Sadducéens consiste en ce qu’ils cherchent à se représenter la résurrection à partir de leurs catégories humaines. Or, entre la vie présente et la vie éternelle, il y a un seuil radicalement nouveau à franchir. La vie éternelle n’est pas le simple prolongement de la vie présente ; il ne s’agit pas de s’imaginer la vie future comme une vie meilleure mais plutôt comme une autre vie ! La vie éternelle n’est donc pas un retour à la vie mais le don d’une vie nouvelle.

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Deuxième Livre des Martyrs d’Israël VII,1-2.9-14 ; Psaume XVI (XVII) ;
Deuxième Épître de Saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens II,16 - III, 5 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc XX, 37-38.