Paroisse Saint Loup


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Homélies

3 octobre 2019

Homélie pour le XXVIème dimanche du Temps Ordinaire, Année C

dimanche 29 septembre 2019 église Saint Jean-Baptiste, Vif

Jour du Seigneur et vengeance des pauvres

Amos, le berger hirsute devenu prophète, est un héraut de la justice divine. Il stigmatise l’escalade du luxe dans la société de consommation de son temps. Bien avant l’Évangile, il annonce qu’une vie égoïste de jouissance peut « à jamais » couper l’homme de Dieu.
Le psaume de ce dimanche chante, quant à lui, le renversement messianique qui fera exulter la Vierge Marie dans son Magnificat  : Dieu rend justice aux opprimés… Il laisse les méchants se fourvoyer tout en devançant les miracles des temps messianiques.
Dans la deuxième lecture, saint Paul exhorte son disciple Timothée à mener une vie digne de la foi qu’il a proclamée devant les autres. Et cela est vrai de tout chrétien. Ce que nous croyons du Christ implique de mener à sa suite et à son exemple, sous l’influence de son Saint-Esprit, une vie sainte. Demandons spécialement la grâce de la persévérance dans le combat spirituel et la douceur à l’égard du prochain. C’est ainsi que nous serons d’actifs et féconds évangélisateurs.
A travers son disciple Timothée, n’est-ce pas à chacun de nous que Paul adresse ces graves paroles sur le combat pour la défense de la foi ? La foi reçue au baptême est semence de vie éternelle ; encore faut-il se passer le flambeau de la foi jusqu’au dernier jour.
Le mauvais riche de l’évangile, resté anonyme, n’a pas su voir le pauvre nommé Lazare, couvert d’ulcères et couché devant son portail. Plus qu’un enseignement sur l’au-delà, cette parabole est une exhortation à un juste partage des richesses.
L’ensemble de ces lectures bibliques peut nous rendre mal à l’aise et nous donner mauvaise conscience, ce qui ne serait déjà pas si mal. Mais elles peuvent faire naître en nous un étrange soupçon : le christianisme ne serait-il que l’expression de la vindicte et du ressentiment des pauvres et des opprimés ? Le bonheur sur cette terre ou une vie confortable et sans soucis devraient donc se payer dans l’au-delà…
Mais en nous adressant cette parabole, le Christ ne fait que nous rappeler le sérieux de notre existence, le poids de nos décisions et notre devoir à l’égard de tous nos frères les hommes. Une certaine désinvolture mondaine, un égoïsme de classe subtilement cultivé, encouragé et transmis, le refus de voir la misère de ceux qui n’ont pas eu notre chance, constituent une injustice criante que Dieu réparera. Le philosophe et historien Raymond Aron disait d’un jeune et brillant homme politique, à qui tout semblait sourire et qui traversait son époque avec une déconcertante facilité : « Il échouera car il ne sait pas que l’histoire est tragique. » Pour aider les hommes, pour réussir sa vie, il faut avoir pris conscience du poids et de la valeur de chaque existence humaine.
Le mauvais riche n’est pas condamné pour avoir roué de coups le pauvre Lazare, pour l’avoir jeté dehors ou fait battre par ses gens. Il n’a pas lâché sur lui ses chiens. Simplement il ne l’a pas vu. Il n’a pas voulu reconnaître dans ce loqueteux son propre frère en humanité. Ses trop grandes richesses et ses compagnons de plaisir ont comme dressé une muraille entre lui et le monde réel, celui de la peine et du travail. Ils l’ont aveuglé sur les valeurs authentiques et l’ont rendu inaccessible au vrai bonheur. Découvrir la dignité du pauvre, c’est soi-même se mettre debout, l’attitude de l’homme libre et vivant, c’est renoncer à appartenir à la race des vautrés que stigmatise la sagesse divine par la bouche du prophète Amos, le champion des droits de Dieu et des droits du pauvre.
Cette rude et salutaire leçon nous est donnée par toute la tradition de l’Ancien Testament que nous écoutons dimanche après dimanche, et que nous pouvons reprendre dans notre lectio quotidienne, et elle a été solennellement confirmée par le Christ, celui-là même qui est ressuscité d’entre les morts pour nous signifier ce à quoi nous sommes appelés après notre séjour sur la terre. Reçus dans le sein d’Abraham, le père des croyants, lui qui a accepté d’abandonner sa terre et ses nombreuses richesses, pour suivre l’appel de Dieu, nous pourrons alors goûter la seule richesse qui compte, l’amour que Dieu porte aux pauvres que nous sommes.

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques : Livre du prophète Amos VI, 1a. 4-7 Psaume CXLV (CXLVI) Première Épitre de saint Paul Apôtre à Timothée VI, 11-16 Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc XVI, 19-31.

18 septembre 2019

XXIVème dimanche du Temps Ordinaire, Année C

dimanche 15 septembre 2019 Fête paroissiale à la salle des Combettes, Saint-Georges-de-Commiers

« Moi le premier, je suis pécheur »

Pourquoi, Seigneur, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple ? Grande est la miséricorde du Seigneur. Les trois péricopes évangéliques illustrent la joie du Seigneur qui fait miséricorde. Le pape François a ce bon mot qui évoque la patience de Dieu qui fait miséricorde ; et dans le même temps, il évoque l’homme qui n’a pas cette patience pour vivre de la miséricorde divine. C’est la foi qui permet à saint Paul de connaître son péché tout en faisant l’expérience du pardon de Dieu. Cette grâce apporte un tel bénéfice qu’il est alors plein de reconnaissance pour celui qui lui fait confiance. En contemplant la joie du Seigneur pour un seul pécheur qui se convertit, on contemple la joie du pécheur pardonné. Il semble que le pardon est le motif par excellence de l’action de grâce. Nul ne remercierait autant que celui à qui est fait miséricorde. C’est elle qui ouvre les lèvres de l’homme pour que sa bouche annonce la louange du Seigneur.
L’intercession de Moïse, dans la première lecture, trouve sa place après le scandale du veau d’or. Cette prière réussit à fléchir la colère de Dieu envers son peuple coupable. L’histoire sainte n’est faite que des péchés d’Israël, des pardons et de la miséricorde de Dieu fidèle à son Alliance.
Dans le psaume 50, le repentir de David est précurseur de celui du fils prodigue de l’évangile : « Je lui dirai : père, j’ai péché contre le ciel et contre toi » (Luc XV, 21) ; « oui, contre toi seul j’ai péché » (Psaume 50, 6).
La deuxième lecture nous plonge dans la lettre de saint Paul à Timothée. Dans cette lettre, c’est le pécheur pardonné, le persécuteur devenu apôtre, qui exprime sa reconnaissance au Christ et dit la valeur exemplaire du pardon qu’il a reçu.
Quant à l’évangile, elle nous offre trois paraboles : celle de la brebis perdue, celle de la drachme perdue et, dans la version intégrale, celle du fils perdu. Dans les trois cas, Jésus y parle du mystère de la miséricorde. Le Père trouve sa joie à pardonner : la brebis et la drachme sont retrouvées et les deux fils également, puisque la parabole du prodigue est autant celle du fils aîné que celle du cadet, tous deux, à leur heure, fils perdus puis retrouvés.
« Israël, voici tes dieux, qui t’ont fait monter du pays d’Égypte. » Cette phrase de l’Ecriture nous révèle combien la miséricorde du Seigneur demande que nous renoncions à toutes nos idoles. Le peuple d’Israël n’a pas tardé à attribuer à un veau d’or les bienfaits dont il a bénéficié. N’avons-nous pas tendance, nous aussi, à oublier celui qui est à la source de tant de grâces reçues, et à nous fabriquer nos propres veaux d’or en qui nous mettons notre confiance et notre espérance ? Qu’il s’agisse de nos diplômes, de notre portefeuille ou de la technologie, les veaux d’or ne manquent pas en notre monde…
En vue de se débarrasser de ses idoles, l’humiliation « suffit » ! « Moi le premier, je suis pécheur. » Ainsi s’exprime saint Paul dans sa première lettre à Timothée. Lui qui n’hésite pas à écrire aux Corinthiens : « prenez-moi pour modèle, mon modèle à moi c’est le Christ » ; il ne craint donc pas de reconnaître humblement ce qu’il est en vérité.
Les trois paraboles que Jésus nous rapporte aujourd’hui sont adressées à ces pharisiens et à ces scribes qui récriminent contre lui en raison de l’accueil qu’il réserve aux pécheurs. Ils sont comme ce frère aîné de la troisième parabole, ce fils qui se considère comme juste et qui enferme son frère dans son péché. A la suffisance et au jugement du frère aîné répond l’humble reconnaissance du cadet et de saint Paul : « j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils… », « moi le premier, je suis pécheur ». Soyons attentifs à ne pas juger trop vite l’aîné avec mépris, avec la suffisance qui est certes la sienne mais que nous risquons tant de partager. Nous sommes tentés de nous situer dans une attitude de comparaison ou de jugement des personnes ou des situations, qu’elles nous concernent ou pas. Les médias prennent régulièrement l’opinion publique à témoin. Les sondages permanents donnent l’impression que chacun doit avoir un avis sur tout et sur chacun, comme ces pharisiens et ces scribes qui commentent l’attitude de Jésus en récriminant contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Pour répondre à cette suffisance et ces bavardages parfois aigris dans lesquels nous pouvons si facilement nous laisser entraîner. Jésus nous fait contempler l’amour de Dieu, la tendresse du Père qui attend son enfant. Il nous fait part de la joie du ciel et nous invite à la contempler. Il ne force pas notre « tête dure », si ressemblante à la « nuque raide » du peuple d’Israël qui suscite la colère du Seigneur face à Moïse, mais il l’attendrit en nous proposant de partager sa propre joie (qui se communique). Chacune des trois paraboles se conclut par la joie qui se manifeste. Joie à venir dans la première parabole (« il y aura de la joie ») – notre année pastorale –, joie présente dans la deuxième (« il y a de la joie ») – notre fête paroissiale –, joie accomplie dans la troisième (« il fallait bien se réjouir ») – l’action de grâce entendue dans les témoignages de ce jour.
Celui qui se suffit à lui-même se prive de la joie de Dieu de deux manières. D’abord parce qu’il ne l’accueille pas : il ne la contemple pas alors qu’elle nous illumine vraiment au cœur ou au-delà des épreuves. Ensuite parce qu’il ne la provoque pas : s’il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit, alors quand je me convertis (quelle que soit l’attitude de conversion ou de non-conversion des personnes qui m’entourent et dont je ne suis pas juge) je provoque la joie du ciel. Si je reconnais que « moi le premier, je suis pécheur. » Amen.

Père Thibault NICOLET


Références des textes liturgiques : Livre de l’Exode XXXII, 7-11.13-14 Psaume L (LI) Première Épître de saint Paul Apôtre à Timothée XII, 17 Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc XV, 1-32.

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