Paroisse Saint Loup


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Homélies

23 mai 2019

Cinquième dimanche de Pâques – Année C

samedi 19 mai église de Notre-Dame-de-Commiers et dimanche 20 mai église Saint Jean-Baptiste, Vif

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »

Un mot revient à plusieurs reprises dans les lectures de ce dimanche : « nouveau ». L’Évangile est « Bonne Nouvelle » parce qu’il contient la nouveauté par excellence. Remarquons aussi comment Jésus qualifie de « nouveau » un commandement ancien qui était connu depuis Moïse. En effet, il est « ancien » selon l’Écriture car il avait été donné par Dieu depuis longtemps. En revanche, il est « nouveau » selon l’Esprit, car la force de le mettre en pratique n’est donnée qu’avec le Christ. Ce qui est nouveau naît de Dieu. Il ne suffit pas de naître de sa mère. Il faut encore naître de nouveau selon l’Esprit. Cet avènement de la grâce dans l’humanité est celui de l’amour divin dont les deux commandements sont l’expression parfaite. Il est merveilleux de prendre le temps de méditer sur la vie du Christ, cette éternelle nouveauté qui surgit sans cesse au cœur de nos vies terrestres si précaires. Toute naissance est une nouveauté et la mort chrétienne peut devenir une naissance définitive. C’est la raison pour laquelle l’Église appelle dies natalis le jour de la mort terrestre des saints, qui est le jour de leur véritable naissance.
Dans la première lecture, nous voyons Paul présider à l’organisation des églises locales. Après avoir jeûné et prié, c’est lui qui nomme les Anciens comme responsables de ces Églises. Présent, il les exhorte à affronter les épreuves ; absent, il les conforte par des lettres.
Le psaume CXLIV fait partie de ces derniers psaumes qui ne sont plus que louange. C’est le chant de l’éternité et c’est à nous d’ouvrir « la porte de la foi » sur la gloire en proclamant la bonté de Dieu, c’est-à-dire l’éclat de son règne éternel.
Dans la deuxième lecture, nous entendons parler pour la première fois de Celui qui siège sur le trône : « Voici que je fais toutes choses nouvelles ». Il faut un ciel nouveau et une terre nouvelle pour célébrer les noces de l’Agneau avec l’humanité rachetée et sauvée.
Et dans l’évangile, une question vient spontanément : pourquoi Jean appelle-t-il « nouveau » le commandement de l’amour fraternel ? Parce que nous pouvons le vivre dans la grâce du baptême avec la plénitude nouvelle de l’amour sans mesure du Christ.
« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. » Il serait une altération grave de se limiter à dire que le commandement nouveau du Seigneur serait simplement « aimez-vous les uns les autres ». En rester là revient à réduire la Parole du Christ à un slogan quelconque et efface surtout la nouveauté profonde que cette Parole constitue par rapport à l’amour fraternel, cet amour mutuel déjà exigé au temps de la Première Alliance : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique XIX, 18). Le commandement nouveau du Christ à la dernière Cène a donné une autre dimension à cet amour, un autre visage : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». C’est-à-dire que, non seulement nous devons nous aimer mutuellement, mais que nous devons nous aimer d’un amour christique. Qu’est-ce que l’amour christique ? La réponse peut sembler bien simple. Il n’y a pas si longtemps, nous avons fêté Pâques, nous avons compris que l’amour du Christ réside intégralement dans le Mystère de la Croix. Le Seigneur a donné sa vie pour le rachat du monde. C’est une bonne réponse, mais elle ne dit pas tout. Certes, Notre-Seigneur nous a aimés jusqu’à faire de sa vie notre rançon sur la Croix ; cependant, en offrant ce sacrifice suprême, il a d’abord accompli la volonté du Père. « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils, l’Unique-Engendré, afin que quiconque croit en Lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » (Jean III, 16).
Notre-Seigneur portait toujours sa Mission dans son cœur. Il dit Lui-même : « je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean V, 30). Quelle est donc la volonté du Père, sinon de donner la vie de son Fils afin que l’homme, blessé par le péché, soit rétabli dans son Corps crucifié ? « Le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation ; mais tu m’as façonné un corps […] alors j’ai dit : ‘voici, je viens […] pour faire ta volonté’ » (Hébreux X, 5-7) ; cette ferme obéissance résonne dans la prière du Seigneur lors de sa très sainte agonie : « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! » (Luc XXII, 42). « Faire la volonté du Père », tel est le sens du sacrifice de la Croix, tel est aussi la signification du commandement nouveau ! A l’heure où Judas sortit, c’était la nuit et ce fut le moment le plus ténébreux de toute l’histoire sainte. Et pourtant ce fut aussi l’Heure de la glorification. « Ma vie, personne ne la prend, c’est moi-même qui la donne » (Jean X, 18). La gloire de la Croix est le don de la vie offert en toute liberté, et le chrétien, en recevant le salut, est appelé à cette même glorification.
Le Christ nous a aimés puisque telle est la volonté de son Père ; nous devons nous aussi aimer les frères que le Seigneur nous a donnés, puisqu’ils sont d’abord les enfants bien-aimés de Dieu. Et les aimer, cela est la volonté de « Notre Père qui [est] aux Cieux » ! Que ta volonté soit faite dans notre vie, par notre amour. Ce faisant, nous nous unissons à l’amour filial du Fils au Père, et nous devenons des fils dans le Fils. Et n’est-ce pas cela notre vocation chrétienne ?

Père Thibault NICOLET


Références des textes liturgiques : Actes des Apôtres XIV, 21b-27 Psaume CXLIV (CXLV) Livre de l’Apocalypse XXI, 1-5 Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean XIII, 31-33a. 34-35

17 mai 2019

Quatrième dimanche de Pâques 2019 – Année C

dimanche 12 mai église Saint Jean-Baptiste, Vif

Jésus Bon Pasteur : de la royauté sacrale au sacerdoce existentiel

Dans la synagogue d’Antioche, Paul prêche Jésus-Christ ; il y affronte l’auditoire houleux des Judaïsants. La joie des païens convertis le pousse à un choix décisif : dorénavant il annoncera l’Évangile aux Gentils.
Dans le sillage de Paul, nous avons chanté ce psaume en action de grâce pour l’évangélisation des païens. Nous l’avons aussi chanté pour louer le Bon Pasteur de l’évangile : nous sommes son troupeau.
Au ciel, la foule innombrable des bienheureux est vêtue de blanc, la couleur de la victoire obtenue par le sang rédempteur. Au ciel, l’agneau immolé, en Bon Pasteur, conduit et abreuve ses brebis aux sources de l’eau vive.
En disant « Je suis le Bon Pasteur », Jésus révèle à la fois sa transcendance divine – Je suis – et sa responsabilité auprès des brebis de son Père. Il affirme : « Le Père et moi, nous sommes un ».
Dans l’ancien Orient, nomade, le pasteur qui mène ses bêtes et prend soin d’elles est figure du roi. En se désignant comme pasteur, Jésus revendique donc la fonction royale. Bon pasteur, il est le roi messianique, celui qui a reçu l’onction pour guider le peuple sur le chemin conduisant à Dieu. Il est celui qui veille avec sollicitude sur chacun de ceux qui lui sont confiés en même temps que sur l’honneur de Dieu. C’est le roi d’ascendance davidique qu’attendaient les prophètes. Médiateur entre Dieu et le peuple, il est celui qui ramène les égarés au bercail, celui qui réconcilie les hommes avec Dieu.
La revendication de Jésus n’est donc pas mince : il se désigne comme le Messie attendu. Mais il n’en reste pas là dans ses prétentions. Lui, le parfait lieutenant, se déclare égal au capitaine, c’est-à-dire à Dieu lui-même. Après avoir dit que le Père qui lui a donné le troupeau est plus grand que tout, il s’affirme le Fils de Dieu et son égal : « Le Père et moi, nous sommes un ». C’est donc bien Jésus qui se fait l’égal de Dieu. C’est plus que ce que peuvent supporter ses auditeurs : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous te lapidons, mais pour un blasphème et parce que toi, n’étant qu’un homme, tu te fais Dieu ». Les interlocuteurs de Jésus ne s’aperçoivent pas que c’est en lui que s’accomplit la prophétie d’Ézéchiel : « Voici que j’aurai soin moi-même de mon troupeau et je m’en occuperai. Comme un pasteur s’occupe de son troupeau quand il est au milieu de ses brebis éparpillées, je m’occuperai de mes brebis. Je les retirerai de tous les lieux où elles furent dispersées, aux jours de nuées et aux jours de ténèbres » (Ézéchiel XXXIV, 11-12).
Mais ce que les contemporains du Seigneur comprennent le moins, c’est ce que celui-ci leur dit à propos de son Père. Car le Dieu d’Israël n’est pas le génie de la lampe d’Aladin ! Aux bénéficiaires de la multiplication des pains, d’avis de le faire roi, Jésus répond en se dérobant. Il n’est pas prestataire de services comme les divinités ou les empereurs. Il n’est pas venu procurer du pain et des jeux en dispensant les gens de leurs responsabilités ; il n’est pas non plus un distributeur automatique de grâces. Il déjoue plutôt l’attitude magique des païens qui consiste à trouver la bonne combinaison, le bon code, les bonnes formules qui contraindraient toute divinité à se mettre à notre service.
Le Pasteur choisi par Dieu va être rejeté par ceux à qui il a été envoyé, lui qui, comme Verbe éternel (bien mieux que les prophètes), est l’exégète du Père, le révélateur de Dieu et des hommes créés à son image. C’est alors que va apparaître la dimension sacerdotale. Par son obéissance sacrificielle au dessein salvifique du Père, Jésus va devenir à la fois victime et prêtre : victime, parce qu’il va être rejeté comme bouc émissaire : « Il vaut mieux qu’un seul meure pour tout le peuple » et prêtre parce qu’il assume ce rejet et en fait la matière de son offrande réconciliatrice au Père. Jésus est ainsi - de par sa fonction (messie), de par son être (le Verbe) et de par sa Passion (l’agneau immolé) – prêtre, prophète et roi. Et c’est cette triple qualité qu’il lègue à ceux qu’il institue (au soir du Jeudi saint) en vue de la pérennité de sa mission. Désormais les fonctions de prophète et de pasteur confluent avec celle de prêtre pour ne plus former qu’une triple mission d’enseigner (prophète), de sanctifier (prêtre) et de gouverner (roi).

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Actes des Apôtres XIII, 14.43-52 ; Psaume XCIX (C) ;
Livre de l’Apocalypse VII, 9.14b-17
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean X, 27-30.

3ème dimanche de Pâques, année C

Pierre, m’aimes-tu ?

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Deuxième dimanche de Pâques 2019 – Année C

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