Paroisse Saint Loup


Sommaire > Vie de la paroisse > Homélies

Homélies

7 août 2019

Dix-huitième dimanche du Temps Ordinaire – Année C

samedi 03 août église de Saint-Paul-de-Varces et dimanche 04 août église Saint Jean-Baptiste de Vif

De l’homme ancien à l’homme nouveau

Au cœur de notre été, et même pour beaucoup au cœur de nos vacances souvent bien méritées, les lectures de ce dimanche ont un goût de rabat-joie pour qui n’aurait pas la foi ! Elles nous renvoient vers l’essentiel, vers la joie véritable qui ne passe pas. Si nos vacances sont appelées à se terminer (si elles ne le sont déjà) et si notre vie terrestre passe au point que vient un jour où nos biens ne nous seront plus d’aucune utilité, il existe bien une joie et une richesse qui demeureront toujours. Il s’agit alors de s’attacher aux choses qui ne passent pas de tendre « vers les réalités d’en haut ». Celui qui a véritablement les pieds sur terre est donc celui qui regarde vers le ciel, celui qui ne mise pas sur ce qui est vain mais sur ce qui demeure. Notre repos de cet été devient alors l’occasion de méditer sur le repos éternel. Notre implication (en temps, en argent, en soucis…) dans la préparation du premier, éphémère, devient l’occasion de réfléchir sur notre investissement pour le second, éternel. Pour être « riche en vue de Dieu ».
Pour Qohélet, ce maître de sagesse aux propos désabusés, caustiques, il n’y a pas de bonheur possible sur terre. Pour lui, « tout est vanité » ; « mot glacial qui revient trente-huit fois sous la plume de ce Pascal biblique » (A. Brunot).
Dieu seul peut apaiser la béance du cri d’angoisse de l’Ecclésiaste ; mieux, il la rachète. Le contraire de la vanité : l’amour de Dieu qui rassasie le psalmiste dès le matin.
De la primauté du Christ, Seigneur de l’univers, découle la primauté de la vie intérieure. A notre baptême un germe de résurrection a été déposé en nous, et nous vivons une éternelle fête de Pâques. Cet extrait de l’Épitre aux Colossiens est d’ailleurs proclamé à la messe de Pâques.
La parabole du riche insensé met en garde, quant à elle, contre l’âpreté au gain. Le seul maître de la vie est Dieu, non l’argent ; la vraie richesse ne réside pas dans les biens terrestres. Le riche avisé n’est riche que du trésor qu’il se prépare dans le ciel.
Car la richesse, comme la puissance, est une valeur neutre par elle-même, ni bonne ni mauvaise ; c’est la façon dont je m’en sers et ce à quoi je la destine qui fait toute la différence. L’argent, lorsqu’il est mal gagné ou employé à des fins injustes, est une idole monstrueuse, c’est Mammon. En revanche, l’argent que je fais servir à l’avènement du juste, du vrai, du beau, n’aura pas été gagné ni dépensé en vain. Il mérite de porter ces beaux noms de « partage » et d’ « amour » !
Comme le rappelle le psaume de ce dimanche, l’homme (entendez l’être humain, homme et femme) est bien ce « Fils d’Adam » qui, à sa suite et à cause de lui, tombe et retombe toujours dans le péché. Dans les Évangiles, le Christ se donne quatre-vingt-une fois le nom de « Fils de l’Homme ». A travers cette expression, lui, le « Fils de Dieu » et Dieu lui-même, déclare sa proximité d’esprit et de corps avec l’humanité, alors même qu’il sait bien que l’homme est dans l’attitude inverse, celle d’une prise de distance récurrente à l’égard de son Créateur. Surtout, par ce titre messianique mystérieusement beau, Jésus révèle qu’il incarne l’homme par excellence, l’homme d’avant la chute, tel qu’il est sorti des mains de Dieu, celui que nous serions encore sans la faute d’Adam et sans nos péchés personnels auxquels celui de nos premiers parents a ouvert la voie, l’homme à l’état pur, parfaitement obéissant, image authentique de Dieu. Vingt ans plus tard, dans sa Première lettre aux Corinthiens, saint Paul le désignera à notre foi comme le « nouvel Adam ».
Quelle réponse à ceux qui affirment que la notion de péché originel est absente de toute la Bible, qu’elle est une invention de l’Église catholique ! Bien sûr que Jésus n’a jamais utilisé ce mot, ni aucun autre de la science théologique… C’est à l’Église instituée par le Christ qu’il reviendrait en son temps, c’est-à-dire en tous les temps, de définir les dogmes et de créer le vocabulaire capable de les exprimer. Il le savait bien : avec le peu de temps que lui laisserait la cruauté des hommes, le Seigneur avait autre chose à faire que d’écrire des définitions. Il lui fallait de toute urgence être, parler et agir. Exprimer par le contraste de toute sa vie la réalité du péché originel et de la chute de l’homme, et surtout en donner l’antidote : sa personne elle-même, intégralement continuée par l’Église, Corps du Christ.
Dans l’Évangile, Jésus, en rappelant sans cesse à l’homme qu’il s’est éloigné de Dieu, le renvoie forcément à cet épisode douloureux qui est le premier et le plus sombre de toute l’histoire sainte, celui qui conditionne et éclaire tous les autres. Mais, parce que la vérité rend libre, l’homme n’en est pas humilié. Au contraire, nous sommes élevés par celui qui a été le plus abaissé de nous tous jusqu’à l’incroyable possibilité de devenir un « homme nouveau », qui, au fond, n’a de nouveau que le nom. En effet, cet homme pécheur, qui sera tellement débarrassé du péché par le Christ qu’il n’en portera même plus les souillures ni aucune de ses terribles conséquences, sera finalement et exactement cet homme libre et jeune, l’icône de Dieu du jardin de la Genèse !

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Livre de Qohelet I, 2 ; II, 21-23 ; Psaume LXXXIX (XC) ;
Épître de saint Paul Apôtre aux Colossiens III, 1-11 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc XII, 13-21.

Treizième dimanche du Temps Ordinaire – Année C (Valamess’)

Engageons-nous sans attendre !

>> Lire l'article...

La Sainte Trinité, année C

Un DIeu unique, Père, Fils et Esprit...

>> Lire l'article...

Solennité de l’Ascension, année C

Reconnaître et désirer la présence du Chrst, le servir, être ses témoins...

>> Lire l'article...

Dimanche de Pentecôte 2019 – Année C

« Avec le Christ et dans l’Esprit, appelons Dieu : Abba, papa ! »

>> Lire l'article...

Septième dimanche de Pâques 2019 – Année C

L’unité « parfaite »

>> Lire l'article...

Cinquième dimanche de Pâques – Année C

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »

>> Lire l'article...

Quatrième dimanche de Pâques 2019 – Année C

Jésus Bon Pasteur : de la royauté sacrale au sacerdoce existentiel

>> Lire l'article...

3ème dimanche de Pâques, année C

Pierre, m’aimes-tu ?

>> Lire l'article...

Deuxième dimanche de Pâques 2019 – Année C

Fête de la Miséricorde divine

>> Lire l'article...

Saint Jour de Pâques 2019 – Année C

Jésus ressuscité, le fondement de notre foi !

>> Lire l'article...

Vigile pascale 2019 – Année C

Nuit de fête et de joie

>> Lire l'article...

Vendredi Saint – Année C

Le scandale de la Croix ou la mort de Dieu

>> Lire l'article...

Jeudi Saint – Année C

Mysterium fidei

>> Lire l'article...

Cinquième dimanche de Carême – Année C

Les chacals et les autruches

>> Lire l'article...

Quatrième dimanche de Carême – Année C (2ème scrutin / lectures de l’année A)

« Je crois, Seigneur ! »

>> Lire l'article...

Troisième dimanche de Carême – Année C (1er scrutin / lectures de l’année A)

« Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif. »

>> Lire l'article...

Deuxième dimanche de Carême – Année C

Vers un corps de gloire

>> Lire l'article...

1er dimanche de carême, année C

40 jours dans le désert

>> Lire l'article...

Mercredi des Cendres – Année C Mercredi des Cendres – Année C

Convertissez-vous et croyez à l’Evangile !

>> Lire l'article...

Huitième dimanche du Temps Ordinaire – Année C

« Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère ? »

>> Lire l'article...

Sixième dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Bienheureux !

>> Lire l'article...